Peintres de Concarneau

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Théophile Deyrolle 1844-1923


Le port à marée basse 1882


Joueurs de boules 1887


Le chemin de la chapelle


Les chasseurs


Décoration à Kérazan


Mareyeuse


Portrait de Madame
Alphonse Guillou


Deyrolle au parc à Huîtres

Un peintre concarnois d'adoption

En 1882, lors de l'attribution solennelle des prix et des médailles obtenus l'année précédente par les lauréats, peintres de l'officiel Salon des Artistes Français, Jules Ferry, Président du Conseil, déclare :
"...Vos élus ont donné la plus haute récompense à la grande tradition d'un art décoratif, au plus brillant représentant qui soit parmi nous de la grande école florentine, à Baudry." (vifs applaudissements).
Sujet de l'oeuvre primée : " Glorification de la loi " ! A cette grande manifestation de l'Art, les " Pompiers " et les professeurs des Beaux-Arts occupent les places d'honneur : les anciens élèves gravitent autour des " Chers Maîtres ", guides qui régissent l'art officiel. Il sera décoratif, idéalement beau, comme à Florence, historique, social... et hélas trop souvent académique pour les milliers d'exposants qui se réfèrent à ces critères, bloquant toute innovation. Cette même année 1882, Alfred Guillou, le peintre de Concarneau, obtient la médaille de 2ème classe pour " Le dernier marin du vaisseau le Vengeur, Torrec, mort en 1456 à Concarneau ". Théophile Deyrolle reçoit une mention honorable pour : " Retour de foire, chemin de Saint-Jean à Concarneau " et " Pêche aux maquereaux au lever du soleil ".

Le ton est donné. Deyrolle a choisi son créneau. Il va conjuguer le thème breton pendant plus de trente ans, avec un intérêt particulier pour la Cornouaille rurale et paysanne. Jacques Deyrolle, son petit fils, raconte : " Mon grand-père préparait le Salon un ou deux ans à l'avance. Je ne pense pas qu'il y ait jamais eu d'exposition Deyrolle. En plus du Salon il a réalisé de nombreux panneaux décoratifs pour les hôtels de la région, des portraits pour faire plaisir à ses amis et une grande quantité de pochades. Il s'est beaucoup occupé de ses activités extra artistiques, de ses plaisirs, de ses amis : il était heureux. "
A coté des nombreux paysagistes qui sillonnent la Bretagne, le provincialisme est honoré. L'orientalisme, la préhistoire, la mythologie, l'antiquité, les thèmes religieux ou légendaires abondent faisant écho à la littérature en vogue. Théophile Deyrolle est de tous les Salons. Avec des accessoires de beaux costumes bretons, de calvaires et de chapelles, il tient la chronique des jours de fêtes, de foires et de pardons, spectaculaires rassemblements vivants et colorés à souhait. Se succèdent entre autres : " Joueurs de boules " en 1887, " Noce bretonne " en 1892, " Retour de la foire de Trégunc " en 1893, " Gavotte bretonne " en 1896, " L'aumône en Bretagne " en 1902, " Naufrage à l'entrée de Concarneau " en 1906 et, à partir de 1909, une suite ininterrompue de bergers, bergères et moutons. A Paris, l'imagerie d'une Bretagne pieuse ou en fête conforte les notables. Les oeuvres achetées par l'Etat sont attribuées aux administrations publiques ou aux musées départementaux.

Peintre et mareyeur

Depuis son mariage avec Suzanne Guillou, Deyrolle s'occupe des parcs à huîtres. Il s'y consacre le matin, l'après midi, dans son atelier près du calvaire qu'il a construit dans sa propriété, il redevient peintre. Parisien d'origine, subjugué par l'originalité de la culture bretonne et la splendeur des atours de son peuple, il adopte hélas la solution de facilité avec toute son habileté. Des oeuvres permettent cependant de prendre conscience de la qualité de son regard et de ses dons de peintre. Les belles bretonnes sont certes endimanchées dans les chemins creux, mais les jeux de lumière y sont parfois magistralement interprétés, avec un superbe palette. De beaux portraits, d'excellentes pochades libérées de tout conformisme témoignent de son extrême sensibilité.
Yvon Le Floc'h extraits, catalogue de la fête des Filets bleus 1992
un ensemble de 12 photos à découvrir au syndicat d'initiative de Messac-Guipry: Th Deyrolle

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