Peintres de Concarneau

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Achille Granchi-Taylor 1857-1921


Marins paysans sardiniers
1899 Musée de Morlaix

Portrait de Gauguin
Portrait de Granchi-Taylor par Gauguin 1885


Maternité
modèle pour l'affiche de la Fête des Filets Bleus


Affiche pour la fête des Filets Bleus 1906


L'attente des pêcheurs


Réparant les filets sur le quai


Pêcheur de raies


Illustration du roman :
"Les travailleurs de la mer"
de Victor Hugo

" La crise sardinière était son sujet "

Si le nom du peintre est cité dans les catalogues des expositions à Paris et Nantes, on n'a guère d'informations sur l'homme sinon, en 1924, un hommage après sa mort par Auguste Dupouy. Tout juste sait-on que le commis agent de change, ami de Gauguin ("portrait du peintre Achille Granch-Taylor" 1885 par Paul Gauguin Kunstmuseum, Basel), était à l'atelier Cormon en compagnie de Toulouse-Lautrec, d'Emile Bernard ainsi que d'Alphonse Guillou, le frère du peintre Alfred Guillou et futur Amiral. L'importante collection restée après sa mort à Asnières où il s'était retiré a été dispersée. La dernière vente a eu lieu à l'Hôtel des Ventes de Brest en mars 1993.

Achille Granchi-Taylor est né à Lyon d'un père émigré italien, voyageur de commerce, et d'une mère anglaise, Anne-marie Taylor. A Pont-Aven, pensionnaire à l'Auberge Gloanec, il rencontre Moret, Chamaillard, Maufra, Jordan, O'Conor. Il fait régulièrement des envois au Salon des Artistes Français : 1888 " Marâtre ", 1889 " Dur à fendre ", 1891 " Chômage ", 1892 " Tannée des voiles et des filets à Concarneau " etc. Après Pont-Aven, de son observatoire de la " Maison de bois " au dessus de la digue, loué à son collègue peintre, Théophile Deyrolle, il a surtout retenu la vie difficile et souvent miséreuse des pêcheurs. Sa peinture, tout en sobriété, a des accents de vérité qui ont aujourd'hui valeur de témoignage. "C'est l'âme d'une race qu'il fixait sur la toile. Nulle flatterie, la réalité telle quelle, mais une réalité sentie, comprise, approfondie ", écrit Dupouy. Ces portraits réalistes mettent l'accent sur la dignité et la noblesse d'un peuple en proie à une existence parfois proche de la misère. Alors que nombre de ses amis peintres racontaient une Bretagne épanouie dans ses costumes et son folklore, Granchi-Taylor s'est attaché à en peindre le vrai visage par une technique qui lui est spécifique, l'utilisation du fusain rehaussé d'un jus de peinture à l'huile allongé d'essence de térébenthine. Le résultat est remarquable, les cirés protecteurs des pêcheurs enduits d'huile de lin sont criants de vérité. C'est la véritable marque de fabrique du peintre. Granchi-Taylor a aussi réalisé de nombreuses commandes de panneaux décoratifs sur le même thème comme le " Débarquement de raies " pour le château de Trévarez (collection municipale de la ville de Concarneau). Il fut aussi un habile illustrateur.
Yvon Le Floc'h, à propos de l'exposition au Musée de la pêche - Ouest-France, le 26 juin 2003.

 

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