Peintres de Concarneau

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Emil Benediktoff Hirschfeld 1867-1922


Départ pour la pêche


A quai


Emmy Hirschfeld


Soir


Souille


Portail de Beaurivage


Nocturne


Lever du jour sur le Rouz

L'âme slave d'Hirschfeld

C'est dans la lumière opalescente enveloppant la réalité portuaire de pénombre et de mystère que l'âme slave d'E.B Hirschfeld s'est exprimée avec le plus de vérité. A l'instar de Charles Cottet et des peintres de la bande noire, il a trouvé ses marques dans la poésie intimiste du clair-obscur, ajoutant à la peinture concarnoise une note distinctive et distinguée.

Né à Odessa en 1867, le peintre russe vécut trente années à Concarneau. Dans le grand mouvement des artistes étrangers à la fin du XIXème venus à la rencontre de la peinture réaliste française, profondément marquée par Courbet, Munich puis Paris seront les haltes du jeune artiste. Il arrive à Concarneau en 1891. Il y trouve le clos et le couvert, des amis peintres et la matière thématique qu'il recherche dans le milieu maritime pauvre et pittoresque. Il a connu dans sa jeunesse les peintres ambulants, soucieux de réaliser une peinture socialisante exprimant les vertus et les malheurs du peuple.

Il possède déjà un solide métier en 1892 lorsqu'il propose " L'automne des braves " au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. Durant cette période populiste et larmoyante dans l'esprit de l'époque se succèdent : " Glorieux débris ", " Ailleurs ", " Marchande de marrons ". Le paysage devenu à la mode, abandonnant le mélodrame attendrissant, Hirschfeld se laisse prendre à la magie de la lumière concarnoise. Avec sa palette parfois chaude et nuancée, parfois monochrome dominée par le vert, il brosse de nombreux thoniers. Apparaissent alors " Les effets de lune à marée basse " 1905, " Coup de vent " 1905, " Repos de soir ", " Bateaux au clair de lune ". Hirschfeld a trouvé sa voie. Il multiplie les levers de lune ou de couchers de soleil sur la baie. Dans le seul document écrit sur ce peintre en 1924 par Auguste Dupouy dans la Bretagne touristique, le critique d'art, ami de la famille, exprime son admiration : "Quand il me montra un certain dundee couché dans la vase, sous le pont-levis de la Ville Close, la lune jouant sur la coque blanche, sur ses mâts, sur ses cordages, sur ses gaules de pêche, je me sentis transporté, comme d'entendre une de ces symphonies qui font pleurer par la puissance de mysticité qu'elles recèlent..." Mort prématurément à l'âge de 54 ans, le slave avait traduit à sa façon, le mysticisme de l'âme bretonne.
Yvon Le Floc'h, Extraits, Ouest-France du 28/06/89 à propos d'une exposition à la galerie Depoid.

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